Depuis cet hiver, la LPO a constaté de nombreuses destructions de nids de Cigogne blanche, une espèce pourtant protégée!

Date de l'actualité: 
11/04/2019

Avant d’entrer dans le vif du sujet, saviez-vous que la Cigogne blanche bénéficie d’une protection totale en France. Cette protection nationale est même doublée d’une protection à l’échelle européenne : l’espèce est inscrite à l’annexe I de la directive Oiseaux.

La réglementation française interdit : la destruction, la mutilation, la capture, la perturbation intentionnelle, la naturalisation, mais aussi de détruire ou d’enlever les œufs et les nids (même en son absence !) et de détruire ou dégrader son milieu. Qu’elle soit vivante ou morte, il est interdit de la transporter, la colporter, de l’utiliser, de la détenir, de la vendre ou de l’acheter.

 

Toute atteinte à une espèce protégée est un délit, punissable d’une peine de 2 ans de prison et jusqu’à 150 000 € d’amende !

 

La Cigogne blanche est plus fidèle à son nid qu’à son partenaire, il est donc impératif de conserver en l’état son nid, même lorsque l’espèce n’est pas présente ! Espèce migratrice, elle passe l’hiver en Espagne et en Afrique, mais de plus en plus d’oiseaux sont sédentaires et hivernent en France. Elle  revient en Charente-Maritime à partir de la mi-décembre pour se reproduire jusqu’à mi-juillet. De juillet à octobre, la Charente-Maritime est aussi une halte importante durant la migration automnale, pour des oiseaux nicheurs en Europe du Nord.

Or, depuis cet hiver, la LPO a constaté que de nombreux arbres porteurs de nids de Cigogne blanche ont été abattus, soit par méconnaissance, soit volontairement, ce qui constitue un délit ! Par chance, certaines coupes ont été interrompues et le nid préservé. Mais, le phénomène n’est plus anodin !

Avec l’aide de son réseau d’observateurs et de bénévoles, la LPO effectue chaque année le recensement et le suivi de tous les nids de Cigogne blanche en Charente-Maritime. Chaque nid est recensé et cartographié. Pour chaque disparition de nid, une note est rédigée et les causes sont recherchées. S’il s’avère que la coupe est illégale, l’ensemble des informations est systématiquement transmis à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, qui assure une mission de police de l’environnement, afin d’identifier les fautifs.

En cas de nécessité d’une coupe d’un arbre, la réglementation impose de demander une dérogation de destruction d’espèce protégée. Celle-ci pourra être délivrée, après examen du dossier, avec comme condition que la suppression du nid soit compensée par l’installation d’une plateforme artificielle (plan disponible sur demande), dans lequel on installe des branches de l’ancien nid afin que la Cigogne blanche l’adopte à son retour. Cette opération se fait en dehors de la période de reproduction afin de préserver l’espèce.

 

Vous avez une question ? Vous souhaitez un renseignement ? Vous constatez une coupe menaçant un nid de Cigogne blanche ? Contactez la LPO à lpo@lpo.fr ou au 05 46 82 12 34.