Des trous pour le Vison : il en frémit des moustaches...

Le Vison d’Europe (Mustela lutreola), petit carnivore de la famille des mustélidés, est une espèce rare en voie de disparition. Les causes exactes de cette régression sont encore mal connues, mais il est probable que le déclin de l’espèce soit dû à une conjonction de facteurs défavorables ou accidentels : dégradation des habitats, destructions directes, expansion du Vison d’Amérique, apparition de maladies…


Parmi les causes accidentelles de mortalité peut intervenir l’emploi des cages-pièges, à simple ou double entrées, utilisées dans la lutte contre le ragondin, en bordure des cours d’eau. Ces pièges utilisables par tous, sur simple déclaration en mairie, et qui permettent de relâcher tous les animaux dont la capture n’est pas souhaitée, constituent un risque pour les visons pendant la période de mise-bas et d’allaitement des jeunes car les femelles capturées ne peuvent plus allaiter leurs petits qui peuvent donc périr si elles ne sont pas relâchées immédiatement.

 


Trappe d’échappement pour le Vison d’Europe dans une cage-piège à Ragondins

(photo H. Gallineau)

Pour éviter ce problème, une solution consiste à ménager un trou de 5 centimètres de côté sur l’une des faces latérales de la cage, à 20 ou 30 centimètres de la porte et à une hauteur de 3 centimètres du fond afin d’être accessible même si le piège est posé dans l’eau. Ce trou peut être accompagné d’une porte grillagée, amovible (voir photo), permettant d’obturer le trou en cas de besoin. Période d’ouverture du trou : durant la période d’élevage des jeunes visons, soit des mois de mars à août inclus. Sans altérer le succès du piégeage des ragondins et sans détérioration des pièges au niveau du trou, ce dispositif simple permet d’aider à la sauvegarde des jeunes visons donc de l’espèce… au risque de perdre quelques informations sur celle-ci.

 

Hubert GALINEAU
Technicien Supérieur à la Fédération Départementale des Chasseurs de la Charente

 Piéger les ragondins mais pas le Vison

 

"Les chasseurs charentais, au travers de la fédération des chasseurs, travaillent pour une meilleure connaissance de la faune sauvage, et depuis plus de 15 ans, pour la conservation du vison d’Europe.


Chasseurs et piégeurs ont contribué depuis 1993 à la récolte d’informations sur la répartition de l’espèce en Charente, lors de campagnes d’inventaires réalisées dans le cadre du plan national de restauration. Une cinquantaine de visons d’Europe ont été capturés depuis 1994, et relâchés après analyses.


Parmi toutes les causes de régression du vison, les piéges tuants, utilisés pour détruire les ragondins en zone humide, ont été remplacés par des piéges cages dés 2004; tous les piéges utilisés en zone humide ont ainsi été remplacés à l’initiative des chasseurs et des piégeurs.


Ces piéges cages aménagés de « trous à vison », permettent pendant la période de reproduction, aux femelles allaitantes piégées, de sortir rapidement pour ne pas compromettre la survie des jeunes.


Les piégeurs sont également sensibilisés à la conservation du vison d’Europe à travers la formation délivrée par la fédération des chasseurs pour l’obtention de l’agrément de piégeur.


Ainsi piégeurs et chasseurs charentais agissent pour la conservation  de cette espèce protégée, en tant qu’acteurs des territoires ruraux.
"

 

Fédération des Chasseurs de la Charente